La Gourgandine

na bylgarskiin English

La misère t’a bercée
Depuis que tu as vu le jour
Et, les yeux noyés de larmes, tu danses
Aux sons stridents de l’existence.

La nuit pour toi est une cruelle marâtre –
Méchante, sans pitié,
Qui enlève à ton ame ses derniers narcisses,
Puis t’entraîne au bas de marches croulantes.

Sous le clinquant des ampoules électriques
Tu fêtes le péché éternel
Et tu ries d’un rire hystérique,
Insensible à son charme charnel.

Ton corsage fleuri de cyclamens fânés,
Toi-même une fleur flétrie,
Tu rentres ivre, leurrée au logis
Pour retrouver un hôte persistant: la Faim.

Au-dessus du guéridon plein de poussière, là-bas,
S’accroche une photo d’enfant,
Et dans le regard clair, candide d’autrefois,
Perce déjà ton horreur d’à présent...

Ansi et toujours... jusqu’à l’automne froid
De tes charmes frelatés
Où s’arrêtera, bernant ton désarroi,
La Mort, devant ta porte déverouillée.

Mais quand elle voudra avoir ton âme,
Bernée la Mort le sera à son tour,
Car la Vie, devançant son "Sesame",
Sans âme t’aura laissée pour toujours !

1921


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